À Cannes, lexpulsion locative qui tue
extrait de : "L'humanité" du 28 octobre
"LOGEMENT:
Un retraité meurt en incendiant l’appartement dont il venait d’être expulsé. Le PCF demande la suspension des procédures jusqu’au 1er novembre.
Cannes (Alpes-Maritimes),
correspondant régional.
Les pompiers cannois appelés en urgence au 135, rue d’Antibes, et qui ont retrouvé lundi dernier le corps calciné d’Albert Monjanel, soixante-seize ans, ne sauraient dire si le vieil homme s’est immolé par le feu ou s’il a été la victime involontaire de l’incendie qu’il avait lui-même allumé. Toujours est-il que ce retraité qui venait le matin même d’être expulsé de son logement, un petit deux-pièces à deux pas de la Croisette, a trouvé une mort atroce.
manque cruel de logements sociaux
Des témoins l’ont aperçu pénétrant dans l’immeuble, muni d’un jerricane d’essence et d’un pied-de-biche : Albert Monjanel, qui avait alerté par écrit- du maire au ministre - sur sa situation, a mis ses menaces d’autodestruction à exécution sans que personne ne pense à s’y opposer. Il avait un retard de loyer de 1 350 euros en décembre 2005 lorsque la justice, à la demande du propriétaire, a ordonné sa mise à la rue. La préfecture affirme, mais sans autre forme de précision, que des solutions de relogement lui avaient été proposées.
Il était l’un de ces « petits retraités » qui, sur cette Côte d’Azur en proie depuis quelques années à une incontrôlable flambée de l’immobilier entretenue par une pénurie chronique de logements sociaux, ne parvient plus à payer son loyer ou se trouve poussé dehors par le propriétaire qui veut vendre au plus vite. Un phénomène qui touche d’ailleurs de plus en plus les actifs.
Les communistes, très en colère, organisaient avant-hier soir un rassemblement silencieux devant le 135, rue d’Antibes, avec la participation de militants de la Ligue des droits de l’homme. Ils y ont appris que trois familles cannoises pourraient être expulsées de leurs logements dès lundi prochain. « Faudra-t-il un nouveau drame pour que la préfecture se décide enfin à suspendre, jusqu’au 1er novembre, toutes les procédures ? » déplorent-ils alors que, pas plus tard que la semaine dernière, les élus communistes et républicains manifestaient à Nice devant la salle de réunion de l’Observatoire immobilier de la Côte d’Azur. Un observatoire qui n’a pas été jusqu’à relever la tragique contradiction du logement sur la Côte d’Azur : des milliers de logements vides (HLM trop vétustes ou privés, voués à la spéculation) et des foyers d’accueil ou des « hôtels 115 » pleins à craquer. Et une colonne absente de leurs froides statistiques : le nombre d’enfants de familles expulsées confiés à la DDASS qui ne sait plus quoi en faire."
Nous n'entendons pas parler du parti socialiste de Cannes ! Existe t'il des choses plus importantes ? Par exemple se soucier de la vie de ces personnes en difficultés à qui nous devons tendre la main jour aprés jour.
Ce que nous devons exiger ce n'est pas l'arrêt des expulsions au 1er Novembre, c'est le maintien de cet arrêt tant que les communes n'auront pas rempli leurs obligations des 20 % de logements sociaux (loi SRU)
Dormez vous tranquils Messieurs et Mesdames les élus