La crise financiére n'est pas que pour les autres.
Dans une crise financière, quand les marchés perdent leurs repères, quand les opérateurs n’opèrent plus, les décideurs doivent décider.
Chaque jour qui passe, que dis-je chaque seconde, est un temps utile. Lorsqu’on regarde ce qu’a été la crise financière de ces trois dernières semaines, à deux moments, les choix n’ont pas été faits, et ça a coûté cher.
D’abord, le plan Paulson, dont on peut penser qu’il était fait de bric et de broc, et qui traduisait la responsabilité des Américains dans la crise dont ils étaient à l’origine, n’a pas été adopté à l’heure dite par le Congrès. Ça a coûté une semaine de spéculation et mis en danger l’ensemble des places financières du monde.
De la même manière, lorsque Nicolas Sarkozy a improvisé le G4, il y a huit jours. Quand déjà le Premier ministre britannique Gordon Brown avançait l’idée d’un plan européen pour sauver les banques, et qu’il n’est rien sorti de ce rassemblement hâtif, sinon que chaque Etat disait qu’il allait faire son devoir, et les Allemands n’ont pas été pour rien dans ce « chacun pour soi », alors, ce fut une semaine noire pour les marchés.
Aujourd’hui, des mesures, attendues, ont été prises par l’Eurogroupe. Tant mieux.
C’était la condition nécessaire. Mais si une nouvelle fois du temps est perdu pour soutenir l’activité économique et pour éviter la nouvelle crise qui point, celle non plus des marchés mais de l’économie réelle, ce ne seront plus les banques qui seront les possibles victimes – elles sont déjà tombées sous le contrôle public à coût de milliards d’euros et de dollars - mais ce sont les gens eux-mêmes qui seront frappés.
C’est pourquoi il n’y a pas de temps à perdre, et qu’il est attendu non plus simplement un plan de sauvetage mais un plan de soutien à l’emploi et à la croissance.