Adieu les belles promesses de Mr Sarkosy
Nouveau gouvernement, deja les promesses
faites sont oubliées
Star de la campagne, la dette retrouve l'ombre
Le nouveau gouvernement a décidé de remettre à plus tard l'amélioration des comptes publics.
Par Grégoire BISEAU
QUOTIDIEN : jeudi 24 mai 2007
Pauvre dette. Elle a été dans la bouche des trois principaux candidats pendant la campagne électorale, parfois érigée en absolue nécessité vis-à-vis des générations futures (Bayrou et Royal), parfois en simple exigence politique (Sarkozy). A peine installé, le gouvernement Fillon l'a remisée dans l'antichambre des priorités gouvernementales, priée d'attendre la fin de la législature pour revenir en odeur de sainteté. Hier, le ministre du Budget, Eric Woerth, a confirmé que la baisse des déficits publics et donc de la dette est appelée à faire une «pause». «Oui à la pause, si cette pause est utile et si cette pause est efficace», a-t-il déclaré sur BFM.
C'est une demi-surprise. Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy a toujours entretenu l'ambiguïté sur la question. Pour au moins deux raisons. Une d'ordre économique : le Président ne voulait surtout pas plomber sa plate forme programmatique (et la promesse des baisses d'impôts) par trop d'austérité budgétaire. L'autre considération était politique : rassembler une droite très divisée sur la question. Car en face d'une majorité de députés convaincus du bien-fondé de la lutte contre l'endettement public (écurie qui comptait entre autres Thierry Breton,( Ah il a trop parlé et on s’est débarrassé de lui) l'ex-ministre de l'Economie, Pierre Méhaignerie, vice-président de l'UMP et tous les députés centristes ralliés...) a cohabité une minorité (emmené par l'influent Henri Guaino, plume et maintenant conseiller du Président) pour qui la réduction de la dette n'était pas un objectif de politique économique mais un résultat. En clair : creuser l'endettement n'est pas grave si cela permet d'atteindre un rythme de croissance plus élevée, qui ensuite peut faire rentrer des recettes fiscales supplémentaires et donc faire baisser les déficits. Hier, on a eu la confirmation que Sarkozy a tranché en faveur de sa minorité : la dette attendra la fin du quinquennat.
Ce ne sera pas sans lourdes conséquences sur les engagements européens de la France. Car hors des clous de Maastricht (qui impose à notre dette publique d'être en dessous de 60 % du PIB) entre 2003 et 2006, la France était censée rentrer dans le rang cette année. Ce ne sera donc pas le cas. Et cela risque de fragiliser, à nouveau, la position française à Bruxelles.
«Hasardeux».
Reste la question de fond : les mesures sarkozystes de baisse d'impôts peuvent-elles «financer l'investissement» , pour reprendre l'expression d'Eric Woerth, et donc stimuler notre croissance ? Rien n'est moins sûr. C'est vrai pour le bouclier fiscal (qui coûterait 5 milliards d'euros). «Sauf à faire revenir ou retenir sur le sol français quelques grandes fortunes, l'effet d'entraînement d'une telle mesure sur le reste de l'économie est hasardeux» , estime, Xavier Timbeau, de l'Observatoire français des études économiques, pourtant favorable au principe du creusement des déficits. En revanche, les économistes s'écharpent sur un possible effet de l'exonération de charges sur les heures supplémentaires. « On ne peut pas exclure qu'il y ait un effet de levier sur la croissance et donc à terme sur de nouvelles rentrées fiscales» , veut croire Timbeau.
Si bien que le vrai allié de Sarkozy est moins son programme que le retour d'une croissance, qui s'affirme chaque jour plus ferme que prévu. D'où la nécessité d'aller vite pour profiter de la vague.