Un triomphe à Toulouse pour Segolène et José Louis

Publié le par Chantal MAIMON

 Ségolène Royal met en garde contre la menace

de "fracture républicaine.

 

 

Très enthousiastes, les militants socialistes sont venus en masse à Toulouse assister, jeudi 19 avril, au dernier meeting de Ségolène Royal, trois jours avant le scrutin. Sur cette terre d'accueil des républicains espagnols, un symbole de la nouvelle génération politique européenne était venu lui prêter main forte : le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, que Mme Royal s'est attachée à présenter comme l'exacte antithèse de Nicolas Sarkozy.

Louant le chef d'un gouvernement "inventif et profondément réformateur", Mme Royal n'a cessé de l'opposer au candidat de l'U M P. Le premier a "retiré les troupes espagnoles du bourbier irakien", posé "les actes fondateurs de la lutte contre le machisme", quand le second est allé se "mettre à genoux devant George Bush" à Washington et n'a d'autre ambition que "de prendre le pouvoir".

Pendant près d'une heure et devant plus de 15 000 personnes, la candidate socialiste à la présidentielle a réservé toutes ses attaques au candidat de l'U M P, sans dire un mot sur François Bayrou, qui la talonne dans les sondages. "Il n'est pas acceptable", a-t-elle déclaré, de vouloir "traquer le gène de la délinquance dès 3 ans" ou d'évoquer "l'énigme génocidaire du peuple allemand qui échapperait au rationnel" – en allusion aux propos de Nicolas Sarkozy sur le déterminisme génétique et le passé nazi de l'Allemagne.

"La démocratie a besoin de vous. La République a besoin de vous car aujourd'hui, elle est menacée par une fracture républicaine", a expliqué la candidate du PS, dénonçant les "œillades" faites par le candidat de l'U M P à l'extrême droite. "Son projet, c'est lui, mon projet, c'est vous !" s'est-elle exclamée sous les vivats.

UN APPEL À "CEUX QUI RÉFLÉCHISSENT ENCORE"

Ségolène Royal a ensuite lancé ce qu'elle a appelé "l'appel de Toulouse", destiné à "ceux qui réfléchissent encore" : "Voulez-vous que les valeurs humaines l'emportent toujours sur les valeurs boursières et financières ? Pensez-vous qu'il est possible de réformer la France sans la brutaliser (...), de remplacer la loi du plus fort par la loi du plus juste ?" leur a-t-elle dit, avant de demander aux Français de voter "massivement". Citant François Mitterrand,"la victoire, vous ne la rencontrerez que si vous la portez", Ségolène Royal a conclu sur ces mots : "Forçons cette chance de nos mains !"

Se voulant avec M. Zapatero le duo de la "gauche du XXIe siècle", Mme Royal – surnommée "Zapatera" par les médias après sa victoire aux régionales en 2004 – a invité le quadragénaire espagnol à la rejoindre sur scène à l'issue de son discours. "Ségolène incarne l'impétuosité personnelle, la fraîcheur de caractère et l'optimisme. Elle représente une autre façon d'être, de gouverner, elle incarne les promesses de réussite de la social-démocratie", a affirmé le dirigeant espagnol, tout sourire au côté de la candidate. S'est ainsi dissipée l'ombre de ses toutes récentes déclarations, lorsque M. Zapatero avait exprimé "une grande empathie" pour Ségolène Royal, tout en disant éprouver du "respect" et de "l'admiration" pour Nicolas Sarkozy.

L'ancrage historique des socialistes a aussi été célébré : vedette inattendue, Danielle Mitterrand, qui s'était déclarée en novembre "frustrée" par le programme de Mme Royal (avant son pacte présidentiel), a reçu une longue ovation.

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