Un triomphe à Toulouse pour Segolène et José Louis
de "fracture républicaine.

Louant le chef d'un gouvernement "inventif et profondément réformateur", Mme Royal n'a cessé de l'opposer au candidat de l'U M P. Le premier a "retiré les troupes espagnoles du bourbier irakien", posé "les actes fondateurs de la lutte contre le machisme", quand le second est allé se "mettre à genoux devant George Bush" à Washington et n'a d'autre ambition que "de prendre le pouvoir".
Pendant près d'une heure et devant plus de 15 000 personnes, la candidate socialiste à la présidentielle a réservé toutes ses attaques au candidat de l'U M P, sans dire un mot sur François Bayrou, qui la talonne dans les sondages. "Il n'est pas acceptable", a-t-elle déclaré, de vouloir "traquer le gène de la délinquance dès 3 ans" ou d'évoquer "l'énigme génocidaire du peuple allemand qui échapperait au rationnel" – en allusion aux propos de Nicolas Sarkozy sur le déterminisme génétique et le passé nazi de l'Allemagne.
"La démocratie a besoin de vous.
UN APPEL À "CEUX QUI RÉFLÉCHISSENT ENCORE"
Ségolène Royal a ensuite lancé ce qu'elle a appelé "l'appel de Toulouse", destiné à "ceux qui réfléchissent encore" : "Voulez-vous que les valeurs humaines l'emportent toujours sur les valeurs boursières et financières ? Pensez-vous qu'il est possible de réformer
Se voulant avec M. Zapatero le duo de la "gauche du XXIe siècle", Mme Royal – surnommée "Zapatera" par les médias après sa victoire aux régionales en 2004 – a invité le quadragénaire espagnol à la rejoindre sur scène à l'issue de son discours. "Ségolène incarne l'impétuosité personnelle, la fraîcheur de caractère et l'optimisme. Elle représente une autre façon d'être, de gouverner, elle incarne les promesses de réussite de la social-démocratie", a affirmé le dirigeant espagnol, tout sourire au côté de la candidate. S'est ainsi dissipée l'ombre de ses toutes récentes déclarations, lorsque M. Zapatero avait exprimé "une grande empathie" pour Ségolène Royal, tout en disant éprouver du "respect" et de "l'admiration" pour Nicolas Sarkozy.
L'ancrage historique des socialistes a aussi été célébré : vedette inattendue, Danielle Mitterrand, qui s'était déclarée en novembre "frustrée" par le programme de Mme Royal (avant son pacte présidentiel), a reçu une longue ovation.