Ségoléne reprend le dessus
La candidate socialiste française Ségolène Royal parie sur le rebond
"Le mistigri est parti un peu de l'autre côté": bien décidée à surfer sur son intervention "réussie" sur TF1 et sur un sondage qui la donne à la hausse, Ségolène Royal s'efforce de faire prendre un nouveau départ à sa campagne en portant le fer contre Nicolas Sarkozy. Avant la fin de la semaine, elle espérait régler les derniers soucis internes au PS en dévoilant jeudi une équipe élargie et remaniée.
"Elle a réussi son émission et ça a un impact, elle a convaincu des hésitants. Elle a une bonne séquence", s'est réjoui son directeur de campagne, François Rebsamen, lors d'une visite de la candidate en Bretagne et en Basse-Normandie, où elle a tenu deux meetings, rencontré des anciens salariés de Moulinex et visité un campus sidérurgique. "Le mistigri est parti un peu de l'autre côté", a-t-il ironisé.
Autre motif de satisfaction, un sondage montre un rebond après l'émission "J'ai une question à vous poser", suivie lundi par plus de 8,9 millions de téléspectateurs, soit plus que Nicolas Sarkozy. "Je n'ai jamais eu le moral dans les chaussettes, donc je ne vais pas vous dire aujourd'hui que je suis euphorique", a nuancé M. Rebsamen. Avec le candidat UMP, "les compteurs sont remis à zéro", a-t-il jugé.
Mais pas question de triomphalisme. "Il y aura d'autres épreuves. La campagne est encore longue", a averti Ségolène Royal. Dans son entourage, on raille la "phrase malheureuse" du candidat de l'UMP, qui avait confié commencer à "bien" sentir la campagne lors de sa visite à La Réunion.
Déterminée à retrouver le feu sacré, la candidate du PS a donné le "la" de sa "nouvelle phase" de campagne: attaquer frontalement celui qu'elle appelle le "candidat sortant", Nicolas Sarkozy. "Il faut faire barrage à tout prix" à des promesses "pas crédibles", "pas sérieuses" et "dangereuses", a-t-elle exhorté à Changé (Mayenne), l'accusant de "creuser les inégalités, les brutalités, les frustrations".
Mais Ségolène Royal n'oublie pas François Bayrou, qui mord sur son électorat. Mardi soir, en meeting à Rennes, elle l'a critiqué pour la première fois en l'accusant de "brouiller les cartes". Il "dit qu'il n'est ni de droite, ni de gauche, je respecte cette position" mais dans les collectivités locales, "jamais les élus de l'UDF ne viennent conforter des majorités de gauche", a-t-elle constaté mercredi.
"La vraie question qui se pose, c'est: `qui peut battre Sarkozy?', et il n'y a qu'elle", a renchéri François Rebsamen.
Reste pour elle à procéder à quelques ajustements pour en finir avec les tensions entre son équipe de campagne et le PS. Jeudi, Ségolène Royal devait présenter une équipe "élargie" qui associera toutes les sensibilités, dont les anciens rivaux de la primaire au PS qu'elle avait snobés après son investiture. Cela devrait passer, selon son proche entourage, par la création d'un "conseil stratégique" d'une vingtaine de personnes, dont Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Jean-Pierre Chevènement ou Daniel Vaillant.
Publicité