LA PLACE DES JEUNES

Publié le par Chantal MAIMON

Les jeunes réclament un droit à l’avenir

Les jeunes réclament un droit à l’avenir De la détermination. C’est le tout premier sentiment qu’inspirent les 4000 jeunes et moins jeunes présents à Grenoble,le 1er février au soir, pour le dernier débat participatif de Ségolène Royal, consacré aux thèmes de la jeunesse et de l’éducation.

20 h. Le Palais des sports résonne de « Ségolène présidente ! ». Au-delà de l’enthousiasme soulevé par la candidate socialiste, les inquiétudes et les interrogations sur l’avenir de la jeunesse en France expliquent l’affluence. « C’est la première fois qu’une génération vit moins bien que ses parents, hors guerres et famines. La moitié des 3,5 millions de chômeurs a moins de 29 ans !, déplore Razzye Hammadi, président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Nous réclamons un droit à l’avenir ! ».

Une jeunesse volontaire

Comme pour illustrer ce propos liminaire, pendant près d’une heure et demie, les interventions du public dépeignent une situation souvent inacceptable. Aux questions posées à la candidate PS sur ses projets pour la jeunesse, succèdent de multiples coups de gueule : « Il faut absolument parler du problème des stages en France. Les grandes entreprises font des bénéfices sur le dos des jeunes en formation, pendant plusieurs années parfois. Les jeunes doivent être protégés contre ces abus », s’écrie un participant, diplômé et stagiaire à de nombreuses reprises, mais toujours sans emploi. Beaucoup en ont assez des préjugés sur ces fameux « jeunes ». « On dit qu’ils ne s’intéressent à rien, mais plus de 30 000 projets ont été animés par les étudiants cette année. On dit que les affaires publiques ne les concernent pas, mais ils sont les premiers à vouloir être consultés pour donner leur avis », dénonce Mélanie Gratacos, déléguée générale de l’association Animafac.

Car tous le répètent : ils ne souhaitent pas la charité ou l’assistanat, ils veulent pouvoir apprendre et travailler dans les meilleures conditions. Ils se sont mobilisés contre le CPE, et ont assisté avec tristesse à la crise des banlieues de l’automne 2005. « Nous sommes face à une jeunesse déterminée, s’exclame Laure Masson, coordinatrice de Désirs d’avenir pour l’Isère. La jeunesse d’aujourd’hui n’est pas morose. Elle attend les nouvelles règles du jeu. Et elle souhaite de nouveaux droits, qui permettent à tout un chacun de réussir ».

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