ETAT D'URGENCE
12 septembre 2006

Le Plan Local d'Insertion par l'Economique de la CANCA était plutôt considéré par la Région comme un de ceux ayant les meilleurs résultats à l'échelle de la Région PACA où il y a au total 13 PLIE dont trois dans les AM.
La Région, le Conseil général et l'Etat en sont les partenaires financiers. Il existe depuis 1999 mais en 2005 il avait pris un autre dimension avec le premier forum de l'emploi, la multiplication des permanences sur le terrain avec une professionnalisation accrue des équipes.
Il y a au PLIE de la CANCA en comptant les contrats aidés, 47 salariés, qui suivent 1056 personnes en parcours d'insertion, dont 50% sont allocataires du RMI. Les sorties du PLIE étaient en augmentation l'an passé avec une progression sensible du nombre de CDI et des résultats ont été obtenus y compris sur les 45-55 ans qui sont toujours plus diffcilement réadaptables.
Dans l'ensemble donc, les clignotants étaient au vert et nous avions rendez-vous hier pour un conseil d'administration qui devait fixer des objectifs encore plus ambitieux pour la période qui s'ouvre 2007-2010.
Mais ce qui vient de se passer remet tout en cause.
Le PLIE est financé de la manière suivante.
Le budget total s'élève à 2 818 369 € dont 886 894 € en fontionnement, 139 000 € en frais de locaux, et 1 792 475 € en financements d'actions.
- La CANCA met 384 344 €
- Le Conseil Général 681 267 €
- La Région 196 330 €
- L'Etat 709 104 €
- Le FSE (fond social européen) 827 324 €
Or le préfet de région vient d'annoncer en début de semaine que l'enveloppe 2007 du FSE serait ramenée à 372 000 €, soit une baisse de crédits de 55%!
L'ampleur de cette baisse est ressentie comme un désaveu par l'ensemble des PLIE car celui de la CANCA n'est pas le seul touché. Or l'enveloppe FSE attribuée à la région n'est pas affectée. C'est le préfet de région, donc le représentant de l'etat qui fait les arbitrages, d'ou ce sentiment de désaveu. Les professionnels ont le sentiment d'être sacrifié.
A terme, une telle restriction de crédits pourrait mettre en cause l'existence même de certains PLIE, dont le Directeur Départemental de l'ANPE rappelait hier son caractère indispensable et indiquant qu'à son sens près de 8000 chômeurs pourraient en relever, s'il avait la capacité de les absorber.
Cela a été un vrai tollé parmi tous les participants à la réunion (FAS, AFPA, ASSEDIC, CCI, UPE, etc...). Il n'y avait qu'à voir l'embarras de madame Estrosi contrainte de prendre acte de cette décision gouvernementale.
Car derrière, ce sont les publics les plus éloignés de l'emploi qui vont trinquer, pour lesquelles les actions classiques ne suffisaient pas. Que vont devenir les chantiers d'insertion? L'accompagnement de certains publics va être revu à la baisse.
Ou imputer cette baisse de plus de 450 000 €? Sur les actions? sur le fonctionnement? (faut il envisager de ne pas renouveler certains contrats?). Comme vous pouvez le constater, l'heure était à la désolation hier après-midi.
Mais je pense que même si la tardiveté sciemment orchestrée de la décision ( en pleine préparation des budgets) ne laisse que peu de marges de manoeuvre, il faut utiliser tout ce qu'il reste.
Nous devons interpeller le préfet de région (je le fais aujourd'hui même), rendre publique cette information (c'est fait avec le blog) car je crois que politiquement, il reste une bataille à mener. On ne peut pas rester les bras croisés devant une telle décision sans tenter au moins de l'infléchir.
Blog de Patrick Allemand du 12 Septembre 2006