Quand le ridicule ne tue pas.

Publié le par La Gauche de Mandelieu la Napoule

En direct des sections,
c'est la rentrée scolaire.

Quand la représentante de la gauche de Cannes critique le Maire sur le journal Fédéral et le félicite dans les couloirs de la Mairie.

Depuis 1 an, le gouvernement a supprimé
plusieurs milliers de postes et cette année
encore plus de 10.000 postes seront
détruits. Dans notre région, rien que pour
ce qui concerne les lycées ce sont plus de
400 postes qui sont supprimés.
Nous commençons à voir les conséquences
de cette politique. Des classes surchargées,
des non-remplacements de congésmaladie
des enseignants et des difficultés
de réinscription des élèves n’ayant pas
réussi le bac et contraints au redoublement.
Nous avons d’ailleurs dès le mois de juin
réagi à cette situation par un communiqué
en interpellant le recteur sur cette situation.
Il s’est engagé à trouver une solution
pour les élèves concernés.
Cependant la vigilance s’impose. C’est
pourquoi je te demande de faire remonter
à la Fédération, à l’occasion de cette rentrée,
toute information concernant aussi
bien des fermetures de classes, des postes
d’enseignants non pourvus, des élèves
sans affectation afin que nous puissions
réagir le plus efficacement possible afin
d’avoir le bilan le plus complet de cette rentrée
sur notre département.
Cette rentrée est placée aussi sous le
signe d’une potentielle pandémie de grippe
H1N1. Il a été demandé aux communes de
mettre en place des plans d’accueil dans
les écoles, notamment, en libérant par
exemple des salles spécifiques afin de pouvoir
isoler des élèves. Il nous semblait
important que tu aies cette information.
Nous comptons sur ta participation, afin de
pouvoir, de ton territoire, nous faire remonter
les difficultés et nous aider à dénoncer
les conséquences des choix de ce gouvernement
en matière d’éducation.
Amitiés Socialistes,
Patrick Allemand
Premier Secrétaire fédéral
Bruno Estampe
Secrétaire fédéral à l’Education
Depuis le 18 juin dernier, le
maire de Cannes peut sanctionner
les délits qui engagent
des dégradations
publiques sur le territoire
communal. Le Maire peut
décider l'abandon des
poursuites contre le paiement
d'une somme d'argent.
L'objectif affiché par le
maire concernant ce dispositif est le désengorgement
des tribunaux, et surtout, la recherche d'efficacité.
Confondant comme souvent les notions d'ordre public
et de respect des libertés, la droite s'appuie sur un double
mensonge : il faudrait nécessairement choisir entre
notre sécurité ou nos libertés ; il faudrait soumettre
toute liberté au dogme de l'efficacité.
La droite aujourd'hui applique ce dogme de " l'efficacité
" à des champs et des secteurs qui, jusqu'à présent,
en étaient épargnés. Ainsi, il devient donc possible,
voire nécessaire de remettre en cause des droits
individuels et collectifs à partir du moment où ceux-ci
peuvent apparaître comme des obstacles à la rapidité
et à la performance de l'action publique.
Dans de nombreux cas, c'est bien la prétendue recherche
d'une plus grande efficacité et parfois d'une réduction
des coûts, qui est utilisée pour justifier le piétinement
des droits des justiciables.
C'est le sens de ce dispositif qui, au nom de l'efficacité
et de la recherche d'économie, transforme le maire en
supplétif d'une justice dont la défaillance est organisée
par un pouvoir qui assèche ses moyens, et la désorganise
par des réformes aussi brutales qu'irréfléchies.
Au nom de ce dogme de l'efficacité se développe sous
nous yeux une justice de classes.
Qui est visé dans cette délibération ? Les jeunes des
quartiers, car le dispositif concerne la Ville de Cannes,
les HLM, et les Transports en commun.
Les présumés coupables sont jeunes et habitent les
quartiers réputés pauvres. Ils seront soumis à l'arbitraire
d'un maire qui s'appuiera sur les seuls dires de la
police municipale, sans possibilité de recours pour le
jeune.
Et lorsqu'il sera présenté devant le Maire, qu'il soit coupable
ou innocent, le jeune n'aura d'autre choix que de
payer les sommes exigées. Coupable ou innocent, il
paiera pour éviter d'être pris dans un engrenage
incontrôlable : son refus de payer entraînerait de facto
une poursuite par le procureur.
Le dispositif prévoit cependant que le jeune pourra se
faire assister d'un avocat, sans toutefois pouvoir prétendre
aux services d'un avocat commis d'office…
Donc, si par le plus grand des hasards un héritier des
beaux quartiers se trouvait concerné par ce dispositif, il
pourra se faire représenter par l'avocat de la famille.
C'est bien une justice de classe qui se met en place
sous nos yeux. Une justice de classe où les jeunes et
issus des classes défavorisées seront contraints de
payer, sans même bénéficier de l'aide d'un avocat commis
d'office.
La ville devient juge et partie, et s'affranchit de l'action
judiciaire comme le reconnait le maire de Cannes luimême
avec une naïveté confondante.
Montesquieu, dans " L'Esprit des Lois " écrivait : " Pour
qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la
disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. ".
Loin de la vision des Lumières, le maire de Cannes
détient seul à la fois le pouvoir judiciaire, et son bras
armé avec sa police municipale.
Dans ces conditions, où va-t-on avec ces nouvelles
dispositions ?
Nous entrons encore davantage dans le domaine de
l'arbitraire, du délit de sale gueule, du préjugé social et
ethnique.
La droite pense ainsi peut-être, par ces manoeuvres,
contenir la légitime colère sociale qui monte de toutes
parts. Mais comment les hommes et les femmes politiques,
fussent-ils de droite, qui ont choisi les professions
de juriste ou d'avocat peuvent-ils cautionner un
tel déni de justice, un tel recul des libertés ? Comment
ceux d'entre eux qui se disent sensibles aux discours
humanistes peuvent-ils soutenir une telle disposition ?
Ont-ils donc oublié leurs révoltes de jeunesse ? Ont-ils
oublié leurs rêves de justice sociale et d'une vie
meilleure ? Ont-ils renié leurs valeurs ?
La vérité est qu'ils soutiennent ces dispositions au nom
d'un ordre de classe, apeurés qu'ils sont devant les
désastres sociaux, fruits de leur politique de confiscation
des richesses ?
La France ne souffre pas seulement d'injustice sociale,
elle subit aussi un terrible recul des libertés, instaurant
peu à peu une société corsetée. Sourde aux critiques,
insensible aux appels à la raison ou à l'humanisme, la
droite poursuit son action avec entêtement.
Rien ne peut justifier un tel recul des libertés publiques
dans une démocratie moderne, pas même une situation
de crise comme celle que nous traversons. Pour les
socialistes, au contraire, l'exercice des libertés collectives
constitue une protection pour les plus fragiles et
une condition d'émancipation pour chaque individu.
Pour le Parti socialiste, la question sociale est centrale
dans un pays rongé par les injustices et la précarité.
Refuser l'entreprise de déconstruction des libertés
publiques actuellement à l'oeuvre est un devoir.


Apolline CRAPIZ
Conseillère Municipale - Cannes
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article