Voilà une équipe qui manie la langue de bois.

Publié le par La Gauche de Mandelieu la Napoule

FH | Notes | Dimanche, 17 août 2008

La ministre Lagarde l’a dit et le répète : tout va bien. La croissance recule, mais la prospérité est au coin de la rue. La consommation fléchit, mais les Français vont reprendre confiance. L’investissement recule, mais les entreprises sont insensibles à la conjoncture. Le commerce extérieur atteint un déficit record, mais il n’y aurait rien d’autre à faire qu’attendre le dernier trimestre de l’année qui, paraît-il, sera moins pire que les précédents. Ainsi est le refrain : quand tout va mal, inutile de s’inquiéter, le pire n’est jamais sûr.

Et puis voilà que le Premier ministre Fillon prend l’initiative d’une rencontre, toutes affaires cessantes, à Matignon, pour examiner la situation générale de l’économie du pays. Il est bien temps, et cette précipitation contraste avec les déclarations d’apaisement de la ministre Lagarde. En fait, le Président de la République et le gouvernement ont perdu toute marge de manœuvre. Avec le paquet fiscal voté l’année dernière, les 15 milliards d’euros gaspillés, le déséquilibre des finances publiques atteignant des niveaux proscrits par nos engagements européens, ils n’ont plus qu’à espérer la baisse des taux d’intérêt que le Président de la Banque centrale européenne, M. Trichet, hésite à prononcer.

Voilà une équipe qui manie la langue de bois pour faire croire aux Français que la situation internationale n’a pas de conséquences sur l’économie française. Une équipe qui pratique l’amnésie en oubliant que sa politique menée depuis plus d’un an n’a eu aucun effet positif sur la croissance, au contraire, et qui feint de se préoccuper encore du sort des Français avec la simple annonce d’une réunion.

On pourrait en sourire, mais il s’agit, rien de moins, que de la vie quotidienne de nos concitoyens : leur consommation, leur emploi, l’indépendance de la France à travers son commerce extérieur, l’endettement du pays, les comptes publics. De l’aveu même de François Fillon, il n’y a rien à attendre de cette réunion.

Pourtant les décisions s’imposent. Les Espagnols viennent de mettre en place un plan de relance. Les Américains l’ont fait voilà déjà plusieurs semaines. Les Allemands se mobilisent et même les Italiens redécouvrent l’étatisme avec Berlusconi, un comble. Mais ici, ce n’est qu’attentisme, autosatisfaction, indifférence.

L’urgence serait pourtant de stimuler l’investissement des entreprises par une réforme de l’impôt sur les sociétés, de lancer le grand plan pour l’innovation et la recherche à travers le soutien aux entreprises les plus dynamiques et de mobiliser l’épargne pour favoriser l’accession à la propriété et le logement social. Enfin, il faudrait accorder dès à présent un soutien au pouvoir d’achat des familles, notamment par l’augmentation de l’allocation rentrée scolaire qu’il faudrait relever de 25%.

Voilà le contre plan que le Parti socialiste propose. Et s’il ne se passe rien cette semaine, alors nous reviendrons à la charge lors de la discussion du budget qui risque d’être bien tardive.
Nous sommes en récession. Madame Lagarde ne la voit pas, le Premier ministre la cache et le Président de la République fait comme si sa politique réussissait. On marche sur la tête.

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