A vous de réagir !!!
Selon le sondage effectué les 4 et 5 janvier, au lendemain de la volonté affirmée par Mme Royal de se porter candidate à la tête du PS en 2008 si elle peut "rassembler" les socialistes, l'ex-candidate à l'Elysée progresse de 4 points par rapport au précédent sondage du mois de septembre (inchangé pour M. Delanoë).
En revanche, pour l'ensemble des Français, M. Strauss-Kahn, qui a renoncé à la politique active en France, devance Mme Royal de 9 points (29% contre 20%) comme leader préféré pour la gauche dans les années à venir. Le maire de Paris Bertrand Delanoë arrive en troisième position (13%).
Chez les seuls sympathisants socialistes, l'ancienne candidate PS à la présidentielle arrive en tête (30%, +5 points), devant DSK (24, +2) et M. Delanoë (17%, +1).
Olivier Besancenot (LCR) arrive en quatrième position, pour l'ensemble des personnes interrogées (10%) comme pour les sympathisants de gauche (15%) et les sympathisants socialistes (8%)
Le premier secrétaire du PS François Hollande ne dépasse pas 2% et Laurent Fabius 3%, y compris chez les sympathisants PS.
66% des sympathisants PS, interrogés sur les qualités comparées de Mme Royal et M. Delanoë, jugent qu'elle est "plus déterminée" que lui (26%).
52% la trouvent "plus rassembleuse" que son rival supposé (40%) pour le congrès de 2008, 48% pensent qu'elle ferait un meilleur président de la République que Bertrand Delanoë (43%). Mais pour 49% des sympathisants, c'est M. Delanoë qui est "le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy" (45% pour Mme Royal).
55% des personnes interrogées veulent que le PS "s'ouvre à toutes les sensibilités de gauche et du centre", 22% préfèrent que le PS s'ouvre "principalement au centre" et 13% "principalement à la gauche antilibérale".
Chez les sympathisants PS, ces proportions sont respectivement de 62%, 14% et 19%.
Enfin, 59% des sondés (60% des sympathisants de gauche et 63% de ceux du PS) estiment que le prochain candidat PS à la présidentielle doit être choisi par "tous les électeurs qui le souhaitent".
Ce sondage a été réalisé par l'institut LH2 pour Libération les 4 et 5 janvier par téléphone, auprès d'un échantillon de 1.003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
Forum de la Rénovation du Parti Socialiste "Les socialismes et l'individu"
Chères amies, chers amis,
Le 20 Janvier prochain, Ségolène Royal interviendra lors du dernier Forum de la Rénovation du Parti Socialiste "Les socialismes et l'individu". Cela aura lieu à la Mutualité, 24 rue Saint-Victor – Paris 5e, M° Maubert Mutualité, à 9h30.
Cette réunion qui rassemblera les cadres du PS, est toutefois OUVERTE A TOUS LES ADHERENTS. Notre participation à tous est importante, pour préparer les prochaines étapes de l'évolution des méthodes et idées au Parti Socialiste.
Nous vous invitons donc à vous inscrire rapidement par email : federations@parti-socialiste.fr ou par téléphone: 01 45 56 79 07.
Merci également de diffuser cette invitation à vos fichiers.
Un conseil: arrivez tôt car l'affluence devrait être forte !
Amitiés à tous,
Le vrai Sarkozy : Président du clivage et de l'extrême droite
Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet à Matignon de Dominique de Villepin et aujourd'hui député UMP de l'Eure, vient de publier Des hommes d'Etat, chronique au quotidien de trois années dans la
coulisse du pouvoir. Ce qui nous intéresse ici dans son témoignage est ce qu'il révèle du cynisme de Nicolas Sarkozy, de la façon dont il manipule l'opinion, adoptant des positions non pas parce qu'il pense qu'elles sont bonnes pour la France mais simplement dans le but de se faire élire. Deux exemples très clairs sont livrés lorsque le futur Président affirme : "pour faire de la politique, il faut cliver. On a le texte sur l'immigration : je dis pas qu'il est parfait, mais au moins on clive, les socialistes sont mal à l'aise. Et puis on a la prévention de la délinquance : je dis pas que c'est bien ou pas, la prévention de la délinquance, je dis que les Français attendent ça, ils veulent qu'on soit ferme, et ils voient que les socialistes sont mal à l'aise. Alors qu'est-ce qu'on attend ? C'est que du bonheur, ça !" La définition que donne le Robert du verbe cliver est intéressante : "fendre (un corps minéral, un diamant) dans le sens naturel de ses couches". Ce qui donne dans le sens abstrait : "séparer par plans différents". Ce que Sarkozy veut cliver n'est pas un corps minéral ni un diamant mais le corps électoral. D'autres entretiennent l'ambition de rassembler, mais sa stratégie personnelle est justement inverse. Quant au "sens naturel de ses couches", de quoi s'agit-il concernant l'opinion? Il s'agit d'opposer gauche et droite, basiquement : progressisme et réaction, prévention et répression. Ses textes sur l'immigration ou la soi-disant prévention de la délinquance sont-ils utiles au pays ? Ce n'est pas le problème de Sarkozy. Il les justifie en se réjouissant qu'ils embêtent les socialistes et qu'ils correspondant à ce que "les Français attendent". Est-ce utile, pertinent, efficace de durcir la répression de l'immigration comme de la délinquance ? Peu importe : sondages en mains, il prend les mesures flattant l'opinion. Parfaite illustration de la démagogie et du populisme. Une enquête indiquerait que les Français sont favorables à la peine de mort qu'il proposerait son rétablissement. Autre exemple : "Moi, j'ai dit : il y a une crise morale en France et cette crise, c'est la crise du travail. Bon, je prétends pas que c'est génial, mais c'est un point de départ. Il y a autre chose : la France, c'est pas fini. C'est un thème qui marche bien aussi. Je l'ai vu à Charleville-Mézières, un beau déplacement. Lorsqu'on dit aux gens qui sont là-bas : la fonderie, l'industrie, Charleville-Mézières, c'est pas fini, ils accrochent, je vous garantis qu'ils accrochent". Trouver des thèmes qui plaisent à l'opinion, peu importe qu'ils soient bons ou mauvais. Et puisqu'il s'agit de cliver gauche et droite, quel meilleur moyen qu'adopter carrément les positions de l'extrême droite ? Une démarche consciente et
volontaire : "Pour nous, l'élection de 2007 se jouera sur les électeurs de Le Pen. On les prend, on gagne. On les prend pas, on perd", annonce-t-il ainsi. Ce qui est corroboré par l'ouvrage de Yasmina Reza, L'aube le soir ou la nuit, qui rapporte le propos suivant : "Je vous dis une chose. Si on n’avait pas l’identité nationale, on serait derrière Ségolène. On est sur le premier tour, mes amis. Si je suis à 30%, c’est qu’on a les électeurs de Le Pen. Si les électeurs de Le Pen me quittent, on plonge". On y trouve aussi une illustration de la façon dont Sarkozy choisit et défend ses thèmes, dans la conversation suivante :
"Nicolas : (répétant une phrase de son discours de Bercy) Entre Jules Ferry et 68, ils ont choisi 68… Bon, c’est limite mauvaise foi…
Yasmina : Je suis contente de te l’entendre dire…
Nicolas : (il rit) Oui. C’est même terrifiant de mauvaise foi, mais enfin, il faut y aller !"