Les cotes de Sarkozy et Fillon en chute libre
L'Express aurait été qualifié de "raciste" par Rachida Dati
La garde des Sceaux accuse L'Express d'avoir monté en épingle "l'affaire" de son diplôme manquant,
dans le dossier consacré à la "face cachée" de la ministre - elle ne conteste pas le fond de l'enquête mais la reprise qu'en ont fait certains confrères.
Rachida Dati a piqué une grosse colère, allant jusqu'à traiter l'Express de "raciste".
Christophe Barbier le patron de l'Expres répond à la Ministre sur le site internet du journal et il n'est pas tendre ! Au passage il attaque également de façon très vive son confrère du Point..
Extraits
Mercredi 24 octobre, la Une de L'Express consacrée à Rachida Dati et à sa "face cachée" est disponible.
Au cabinet de la garde des Sceaux, on en fait une lecture rapide, un conseiller envoie même un texto rassurant à la ministre et me passe deux coups de fil apaisés: l'enquête est jugée intransigeante, mais honnête. (...)
Les jours suivants, tout s'emballe: plusieurs sites Internet, notamment celui du Nouvel Obs, évoquent un "diplôme falsifié", que la ministre aurait utilisé. L'Express n'a jamais écrit cela, ne faisant mention que du rapport rédigé, à propos de son dossier de candidature à l'Ecole nationale de la magistrature (...) .
Rachida Dati n'a de cesse d'obtenir un démenti pour une assertion que L'Express n'a pas formulée!
Elle s'inquiète surtout parce qu'elle croit et craint la parution dans L'Express suivant du contenu de son dossier. Elle menace même de diligenter une enquête pour savoir où ont eu lieu les fuites sur ce
dossier de candidature. Pourquoi cette peur, puisqu'elle n'a rien à cacher et qu'elle n'a pas usurpé de diplôme? (...)
Elle préfère faire appeler L'Express par son entourage, et lui demande de relayer des menaces incroyables: "Je vais aller à la télévision dire que c'est un journal raciste!" Allons donc: raciste, le journal d'Albert Camus et de Raymond Aron ?…
Plusieurs magistrats sollicités, dont les plus importants de la hiérarchie, interviennent pour expliquer qu'il ne faut pas, qu'il faudrait…
Un intellectuel de gauche de ses amis est à son tour activé, mais il ne donne pas suite... (...)
A la fin de ce psychodrame, la ministre ne demande plus rien. Il semble à le lire que le Canard enchaîné ait subi pareil déluge d'interventions dissuasives, plus ridicule qu'effrayant.
Le Point reprend, lui, sous la plume de Franz-Olivier Giesbert, l'argument de Dati: si on la critique, c'est qu'on est raciste… La Une du Point reprend les bonnes feuilles du livre de la Garde des Sceaux, qui ne devait paraître chez Grasset que le 13 novembre.
Dans l'urgence, elle a trouvé un organe de presse docile et véloce pour porter sa défense. "La voix de son maître" est toujours un slogan valable.
Demeurent plusieurs questions: est-il raisonnable de réagir ainsi quand on occupe un des plus hauts postes de l'Etat?
La garde des Sceaux a-t-elle les nerfs pour une telle fonction, elle qui a incontestablement le caractère trempé qu'il faut pour faire de la politologie?
Qu'y a-t-il exactement dans son dossier de candidature à l'ENM?
Quelle conception exacte a t-elle de l'indépendance de la presse?
Christophe Barbier
Giscard dévoile le pot aux roses sur le Traité simplifié
« Les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a changé. » déclare, à la fois sur son blog, dans le journal anglais The Independent et dans le Monde du 29 octobre, l'ancien président de la République. Pour
Valéry Giscard d'Estaing, qui dirigeait, en 2002 et 2003, Convention sur le Futur de l'Europe, la différence entre le traité constitutionnel (TCE) de 2005 et le traité modifié de 2007 est dans la méthode plus que dans le contenu. Le texte de 2005 avait été débattu publiquement et devait remplacer tous ceux écrits précédemment: « Il s'agissait de simplifier les institutions européennes rendues inefficaces par les derniers élargissements, de mettre davantage de démocratie et de transparence dans l'Union européenne, et d'ouvrir la voie vers une Constitution pour les citoyens européens. » Pour le traité de Lisbonne, le processus n'a pas été le même, ce sont les juristes du Conseil qui ont été chargés de rédiger le texte, mais aucune suggestion n'a été faite, ils ont simplement repris les mêmes principes dans un ordre différent.
Les rares changements sont symboliques. L'appellation de « Constitution » a disparu et les symboles européens, comme le drapeau et l'hymne de l'Europe, ont été supprimés. « Quoique ridicules, et destinées heureusement à rester inappliquées, ces décisions sont moins insignifiantes qu'elles n'y paraissent. Elles visent à écarter toute indication tendant à évoquer la possibilité pour l'Europe de se doter un jour d'une structure politique», précise Giscard. Bref, si l'Europe est bien en train de se doter d'une Constitution, il ne faut pas que cela se voit. Autre changement par rapport au TCE : les concessions faites aux Anglais. La charte des droits fondamentaux, sorte de version améliorée et actualisée de la charte des droits de l'Homme, est retirée du projet, et fera l'objet d'un texte séparé, ce qui permettra à la Grande-Bretagne de ne pas être liée par elle. On ne peut pas vraiment parler d'une avancée…
VGE dit tout haut ce que les rares et courageux lecteurs du traité (240 pages pas du tout simplifiées) savent, sans un instant se poser la question du respect du suffrage universel. Suffrage qui, en 2005, a rejeté un texte, de son aveu très similaire. Ce déni de démocratie ne semble pas l'atteindre. Sur la possibilité d'un référendum, il reste d'ailleurs très obscur : « La phase suivante sera celle des ratifications. Elle ne devrait pas rencontrer de grandes difficultés – en dehors de la Grande-Bretagne où un référendum aboutirait manifestement à un rejet -, car la complication du texte, et son abandon des grandes ambitions suffisent pour en gommer les aspérités. » Est-ce à dire qu'il faut continuer à ce que les textes européens soient imbuvables pour qu'ils soient acceptés sans débat ? Difficile d'en être sûr, tant la prose giscardienne est alambiquée.
Traité Européen : deux, trois, dix pétitions!
La campagne pour un référendum sur le traité modifié se déploie et les calendriers du régime comme les tergiversations du PS donnent du temps aux opposants. Plusieurs pétitions circulent à l'initiative de partisans comme d'opposants au traité, mais avec toutes le même objectif : la ratification par référendum du nouveau traité européen.
• Le site Debout la République propose une pétition nationale « 16 millions d'électeurs trahis… Et vous ? ! » soutenu par Nicolas Dupont Aignan .
• Le site « Respectez notre non ! » soutenu par Jean-Luc Mélenchon.
• A l'initiative de figures du « non de gauche », dont Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann, mais également des personnalités qui avaient fait campagne pour la Constitution européenne, tel Noël Mamère, sur le site referendumeurope2007.
• Un site d'européens, « Europeanreferendum.eu », « Let the European people decide ».
• Les souverainistes sur le site « Votez 2007.com », soutenu par Philippe de Villiers.
• La pétition du Danois Jens-Peter Bond qui demande un référendum dans tous les pays d'Europe .
Le chef de l'Etat perd quatre points, son chef de gouvernement en perd huit, selon le baromètre TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine à paraître samedi.
La cote de popularité de Nicolas Sarkozy baisse de quatre points par rapport à octobre à 53%, et celle
de François Fillon chute de huit points à 44%, selon le baromètre TNS-Sofres rendu public mercredi 31 octobre. Le sondage a été réalisé pour Le Figaro Magazine à paraître samedi 3 novembre.
Le président de la République voit la confiance placée en lui pour "résoudre les problèmes qui se posent à la France" passer de 57% à 53% en un mois. Sur deux mois, Nicolas Sarkozy a vu les opinions favorables baisser de 11 points (64% en septembre), selon ce baromètre.
Le taux de ceux qui ne lui font pas confiance augmente de 2 points à 42%, soit dix points de plus qu'il y a deux mois. 5% ne se prononcent pas (+2).
Le Premier ministre, qui bénéficiait d'une cote de confiance de 52% le mois dernier, décroche quant à lui de huit points, à 44%. Surtout, les Français qui ne lui font pas confiance sont désormais majoritaires: 47% contre 42% en octobre. 9% ne se prononcent pas (+3).