La rentrée de Ségoléne Royal

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Ségolène Royal, «une femme neuve, renforcée,
qui a gagné en épaisseur»
 
Pour sa rentrée politique, samedi après-midi dans son ancienne circonscription, Ségolène Royal a choisi l’ironie. «Je vais vous faire une confidence: j'ai quelque chose à vous dire et je ne suis en compétition avec personne. Je ne recherche rien d'autre que d'assumer mes responsabilités dans le débat d'idées. De toute façon, c'est un travail collectif de longue haleine qui commence».

Devant un millier de personnes — 4.000 étaient espérés — rassemblés pour une fête de la Rose, l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle s'est dite «entièrement mobilisée, animée d'une volonté très solide et sereine» pour «mettre ce que j'ai appris au service de tous les socialistes». Tout partira d’une réflexion qui devra «déboucher sur une rénovation profonde de nos méthodes et de certaines de nos idées dans la fidélité à nos valeurs».

Ségolène Royal n’a pas esquivé la pluie de livres et magazines qui lui sont consacrés et choisi la plaisanterie: «Je n'ai aucun esprit de rancune, de revanche, aucune amertume (...) et y compris, je vais vous surprendre, envers ceux dont la chaude affection littéraire m'entoure en cette rentrée! Soyons généreux!», a-t-elle dit déclenchant les rires de ses partisans. «Tout le monde est bienvenu, toutes les brebis égarées!». La dirigeante de la Région Poitou-Charentes a d’ailleurs invité «les socialistes qui sont allés au gouvernement à venir réfléchir, sans ostracisme», confie-t-elle au Monde en citant le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, exclu du PS.

Une invitation qui rompt avec son image de femme autoritaire et cassante ? «J'ai accompli une mutation, déclare-t-elle au quotidien. Je suis une femme neuve, renforcée, qui a gagné en épaisseur et qui a le souci de garder le meilleur.»

A Melle, Royal a répété son invitation à former un «parti réuni amical et discipliné». «Le temps nous a manqué pour nous organiser en un grand parti moderne. Ce temps qui nous a manqué, nous allons le prendre et nous achèverons le travail».

Un travail que le parti ne pourra pas terminer seul: «Les socialistes ne doivent pas rester entre eux ; nous devons favoriser les convergences de toute la gauche et s’ils le souhaitent, avec les centristes».

Sur les 100 jours de Nicolas Sarkozy
«La politique conduite donne beaucoup à ceux qui ont beaucoup, un peu à ceux qui ont un peu et rien à ceux qui n'ont rien, et surtout c'est une politique qui ne prépare pas la France et les Français à relever le défi de la mondialisation». Dans le collimateur de Royal, le «cycle infernal des lois»: «Les mêmes promesses ont été faites, la même commisération a été montrée mais aujourd'hui il faut de l'action (...) Faut-il attendre le prochain enfant violé, le prochain enfant assassiné pour promettre une nouvelle loi?», s'est-elle indignée.

Renforcer les peines contre les récidivistes ou les délinquants sexuels, «c'est toujours porteur lorsqu'il n'y a rien d'autre à dire», a-t-elle estimé. Mais cela revient à «augmenter les peines sans donner davantage de moyens» aux juges et aux médecins.

Royal a gratifié Nicolas Sarkozy d’une «volonté de réforme affichée, au moins formulée, un mouvement réel, perpétuel, un mouvement même parfois frénétique». «Seulement, ajoute-t-elle, annoncer la réforme ce n'est pas l'accomplir».


Avec Bastien Bonnefous à Melle

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